Élégante, elle flâne dans ses ruelles, s’attarde sur sa place médiévale, puis se laisse porter par les canaux qui glissent doucement vers le lac.
Elle rit de ses fêtes, se souvient de son histoire et regarde l'avenir avec confiance.
Contrastée, elle se transforme au rythme des saisons et des événements. L’Yverdonnoise est surprenante, vibrante, et ne laisse jamais indifférent.
Pour esquisser son portrait, deux regards accompagnent cette promenade urbaine : celui de Pierre-André Michoud, président de la Société Industrielle et Commerciale d’Yverdon-les-Bains, Grandson et environs, et celui de Guillaume Abetel, délégué à l’économie de la Ville.
Le matin, les rues s’animent doucement. La ville s’éveille, et il suffit d’écouter sa respiration pour en saisir l’esprit.
« Le commerce est un miroir de la ville », résume Pierre-André Michoud avant d'ajouter :
« Autrefois, les enseignes étaient souvent installées dans la maison familiale : le magasin au rez-de-chaussée, l’appartement au-dessus, parfois un jardin ou une cour intérieure. Les commerçants vivaient au cœur de la ville. Les habitants se croisaient au quotidien.
Avec le temps, nombre de ces immeubles ont été vendus à des sociétés immobilières. Une évolution qui influence le type d'activités qui peuvent désormais s’y installer.
Parallèlement, le commerce lui-même s’est transformé. Les centres commerciaux en périphérie, les nouvelles mobilités, l’arrivée d’internet et la vente par correspondance ont peu à peu changé la manière d’acheter. Certaines enseignes historiques généralistes ou très spécialisées ont disparu avec les générations. D’autres se sont réinventées. »
Tout est remis en question afin de s'adapter à ces changements de paradigmes. Dans le cadre des États généraux du commerce, la volonté est d’introduire des instruments de mesure afin de mieux suivre cette évolution.
« Aujourd’hui, la différence se fait sur l’expérience », observe Guillaume Abetel. « Les gens cherchent un contact, un échange, quelque chose qu’ils ne trouvent pas derrière un écran ou lors d'un achat en ligne. Dans un centre-ville, tout compte : les bistrots, les terrasses, le patrimoine bâti mis en valeur, les commerces, la manière dont on s'y déplace et tout ce qui rend l’endroit accueillant, y compris le soir.
À l’heure où tant de choses se dématérialisent, la dimension humaine devient précieuse, dans la nécessité de retrouver un nouvel équilibre. Certaines entreprises l’ont bien compris et misent sur ce point fort. Une assurance, longtemps installée dans une zone industrielle en périphérie, a choisi de revenir au centre-ville pour ouvrir un guichet et se rapprocher de sa clientèle.
Par ailleurs, les petits commerces comme les grandes surfaces dépendent les uns des autres. L’un ne va pas sans l’autre ».
L'essentiel demeure : le commerce de proximité n’est pas seulement un lieu de qualité où l’on achète. C’est un lieu où l’on se rencontre, où l’on demande conseil.
Dans les rues du centre, cet esprit reste bien vivant : les commerces où l'on dit quelques mots, les marchés animés et les terrasses où l’on refait le monde, en prenant son temps.
L’Yverdonnoise est aussi tournée vers l’extérieur.
Depuis son cœur historique, elle regarde vers les montagnes du Jura, s’ouvre sur la région des Trois-Lacs et rejoint facilement l’arc lémanique. Sa situation géographique est un atout évident, à moins d’une heure de Lausanne, Genève, Neuchâtel ou Berne.
Le lac de Neuchâtel, tout proche, se devine au bout des rues. Les canaux rappellent son passé lacustre. Quant au thermalisme, il constitue depuis longtemps l’une des signatures d’Yverdon-les-Bains.
Mais ces atouts restent parfois discrets et peu exploités. Certains visiteurs découvrent encore ses trésors presque par hasard.
« On peut traverser la ville sans voir le lac. Mieux valorisé, il pourrait devenir un accès intéressant au centre », remarque Pierre-André Michoud.
L'Yverdonnoise a une personnalité bien à elle.
Souvent à l’ombre de l’arc lémanique et des grandes villes, Yverdon-les-Bains a toujours dû se battre pour elle-même.
Ville industrielle hier, ville de services et de savoir-faire aujourd’hui, elle porte un héritage riche. Des manufactures d’autrefois au parc scientifique actuel, elle a toujours été un lieu d’innovation et de travail. Le positionnement d’Y-Parc s’inscrit dans cette continuité. Les entreprises y trouvent une main-d’œuvre qualifiée qui correspond à leurs besoins.
Ce n’est pas seulement un passé industriel : c’est un savoir-faire, un état d’esprit et tout ce qui va avec.
L’Yverdonnoise cultive une certaine discrétion
« On a tendance à ne pas assez parler de ce que l’on fait ici, alors que tout est à portée de main », confie Guillaume Abetel.
Cette réserve, typiquement vaudoise, fait partie du caractère local. Elle donne à la ville une forme de modestie. Pourtant, derrière cette retenue se cache une véritable fierté.
La fierté de vivre dans une ville plurielle, à taille humaine, où l’on croise des visages connus et où l’on s’arrête volontiers pour échanger quelques mots.
Car l’Yverdonnoise n’est pas seulement une destination. La qualité de vie s’exprime aussi dans les nuances. La lumière sur les façades historiques de la place Pestalozzi et sur son Château, ses terrasses animées et les marchés où se croisent habitants et visiteurs des communes voisines.
La ville se découvre à pied, lentement. Chaque regard offre une nouvelle vision, on s’arrête devant une vitrine, on prend un café ou on se laisse porter par l’ambiance.
La ville s’organise autour de grands axes, de la Plaine et de ses bourgs historiques magnifiques. Et puis il y a ces petits canaux qui structurent la ville et lui donnent un charme tout particulier. Les gens y prennent plaisir à flâner.
Dans cet équilibre fragile entre activité et convivialité, les commerces, les cafés et les lieux culturels jouent un rôle essentiel.
«Une ville vivante est une ville où l’on se rencontre, avec une diversité qui en fait toute la richesse», rappelle Guillaume Abetel.
Ville d’accueil, elle rassemble des habitants venus d’horizons différents. Cette pluralité constitue une richesse, un moteur de dynamisme économique et culturel.
Attirer de nouveaux habitants, développer de nouveaux quartiers et lieux de vie, encourager la mixité sociale et économique, valoriser les talents locaux : autant de défis pour les années à venir.
Car une ville qui grandit doit aussi savoir raconter qui elle est pour garder son âme, au-delà des images toutes faites.
À Yverdon-les-Bains, plusieurs événements rythment déjà la vie locale : marché de Noël, festivals, animations culturelles, rencontres urbaines.
Ces moments créent des souvenirs collectifs et participent à l’image de la ville, largement relayée dans les médias.
« Certains événements montrent à quel point la ville est magnifique », se réjouit Pierre-André Michoud.
Tous deux en sont convaincus : Yverdon a tout pour réussir. Sa localisation stratégique, son patrimoine, sa qualité de vie et sa capacité d’accueil sont de réels atouts.
L’avenir passera par une ouverture, une mise en valeur des richesses naturelles et humaines, une identité forte et par la création d’événements capables de rayonner au-delà de la région.
Elle avance entre mémoire et renouveau. Elle observe les transformations du commerce, imagine son avenir et accueille de nouveaux habitants.
Parfois discrète, parfois vibrante, elle continue de se réinventer.
Et si elle ne crie pas toujours ses qualités sur les toits, ceux qui prennent le temps de la rencontrer le savent : derrière ses ruelles tranquilles et ses canaux paisibles se cache une ville vivante.
Une ville dont le pouls bat avec passion.
Président de la SIC d’Yverdon-les-Bains, Grandson et environs pour quelques jours encore. Yverdonnois engagé et hôtelier passionné, propriétaire de l’Hôtel du Théâtre et de l’Hôtel La Prairie.
SIC d'Yverdon-les-Bains, Grandson et environs
Un grand merci à Messieurs Guillaume Abetel et Pierre-André Michoud pour leur disponibilité et la richesse des informations partagées, ainsi qu’à Anaïs Valentine Sancha pour son regard avisé et ses commentaires pertinents.